La clause et son retrait
Meta a retiré une disposition de ses conditions commerciales d’utilisation mises à jour, a rapporté TechCrunch le 17 octobre, en citant The Verge. La disposition indiquait que Meta pouvait utiliser tout contenu provenant des domaines d’un compte professionnel pour fournir, développer, améliorer, étudier et entraîner ses produits et services.
C’est une rédaction inhabituellement large pour un accord commercial. Prise au pied de la lettre, elle attache une licence non pas à ce qu’une entreprise publie sur les plateformes de Meta, mais à ce qui se trouve sur ses propres sites — et « domaines », au pluriel, pèse lourd dans un document que l’on accepte en achetant de la publicité.
TechCrunch ne précise pas quand la suppression a eu lieu, seulement que la disposition a depuis été retirée.

Ce que Meta dit avoir voulu dire
La position de Meta n’a pas changé entre ses deux déclarations, et c’est le point à relever.
Avant le retrait, un porte-parole a déclaré que les conditions mises à jour ne traduisaient aucun changement dans la façon dont Meta explore le web. Après, l’entreprise a dit que les conditions d’exploration ne s’appliquaient qu’à ses produits publicitaires et professionnels, qu’elle l’avait précisé dans le texte, et que la modification ne change pas son usage des robots d’exploration.
Selon Meta elle-même, rien n’a donc été gagné et rien n’a été cédé : la clause n’étendait pas son exploration, et la supprimer ne la réduit pas. Ce qui a changé, c’est ce que le document dit qu’une entreprise a accepté.

Pourquoi les éditeurs l’ont lue autrement
L’alerte est venue des juristes, non du comportement de Meta. Les experts juridiques interrogés par Nieman Lab l’ont qualifiée de disposition remarquable et ont estimé qu’elle pourrait permettre à Meta d’aspirer les sites des éditeurs, y compris pour entraîner des modèles.
Le mécanisme qu’ils décrivent compte plus que la formule. Un éditeur de presse qui achète de la publicité, ou qui utilise un produit professionnel de Meta, est une entreprise dotée de domaines. Si les conditions accordent une licence sur le contenu de ces domaines, l’éditeur a consenti à un usage d’entraînement en ouvrant un compte publicitaire — un consentement obtenu dans un lieu que personne ne négocie, ce qui n’est pas la même chose qu’un robot respectant robots.txt.
C’est la question que le retrait tranche pour l’instant : l’autorisation d’entraîner peut-elle passer par un contrat commercial plutôt que par une exploration.
À suivre
Si la clause réapparaît sous une autre forme, et si les conditions publiées sont versionnées de manière à rendre le changement visible aux entreprises qu’elles lient. Le fond survit au retrait : les conditions d’utilisation des produits publicitaires sont désormais un endroit où s’écrivent des droits d’entraînement de l’IA, et elles sont lues par bien moins de juristes qu’une négociation de licence n’en mobiliserait.