Un trimestre record et une prévision en baisse

Intel a publié le 29 octobre ses résultats du troisième trimestre : un chiffre d’affaires de 16,5 milliards de dollars, en hausse de 21 % sur un an, et une activité de centres de données qui a cessé d’être le problème de l’entreprise. Le chiffre d’affaires de Data Center and AI atteint 7,3 milliards, en hausse de 78 %, et le résultat opérationnel du segment s’établit à 3,04 milliards contre 964 millions un an plus tôt — plus du triple.

Intel a ensuite fixé la prévision du trimestre en cours entre 15,0 et 16,0 milliards, sous le trimestre qu’elle venait de publier, avec un bénéfice par action hors éléments exceptionnels de 0,25 dollar contre 0,52 au troisième. Le record et la marche descendante figurent dans le même document.

D’où vient la croissance, et d’où elle ne vient pas

Les deux moitiés d’Intel vont désormais en sens inverse. Le Client Computing and Physical AI Group, l’activité PC, a rapporté 8,1 milliards, en baisse de 5 % sur un an. Il reste le plus gros des deux en chiffre d’affaires, et il rétrécit pendant que le plus petit croît de 78 %.

Le directeur financier David Zinsner a décrit un trimestre incluant «notre plus forte croissance de chiffre d’affaires en centre de données depuis 15 ans». La base de comparaison est longue, et il faut être précis sur ce qu’elle mesure : le chiffre d’affaires serveur d’Intel, pas sa position face aux concurrents, ni des ventes d’accélérateurs. Le segment s’appelle Data Center and AI, mais la demande que nomme le directeur général porte sur Xeon, sa gamme de processeurs serveur.

Conteneurs maritimes empilés, de couleurs variées, dans un terminal portuaire, avec une ville en fond.
Le directeur général d'Intel dit que la priorité immédiate est de débloquer l'offre. Image d'archive. Nhựt Nguyên Trần · pexels · Pexels License

La contrainte qu’Intel désigne, c’est l’offre

Le directeur général Lip-Bu Tan l’a dit sans détour : «Notre priorité immédiate est de débloquer une offre supplémentaire pour répondre à la demande extraordinaire pour notre famille Xeon.» La phrase est inhabituelle de la part d’une entreprise longtemps décrite comme limitée par la demande. Elle recadre aussi la prévision. Un trimestre annoncé en baisse alors que le directeur général parle d’une demande extraordinaire est un trimestre limité par ce que l’entreprise peut fabriquer et livrer, pas par ce que les clients veulent acheter.

C’est la description qu’un fournisseur donne de son propre carnet de commandes, et Intel n’a publié ni volumes ni carnet pour l’étayer. Mais la forme correspond à ce que les grands acteurs du cloud ont dit, durant la même saison de résultats, sur la disponibilité des composants.

Pourquoi les processeurs serveur croissent

La lecture la plus simple de ces 78 % est que les accélérateurs ne fonctionnent pas seuls. Chaque baie de GPU s’appuie sur des processeurs hôtes, de la mémoire et du réseau, et la construction qui domine les investissements depuis deux ans entraîne ce contenu avec elle. Intel n’a pas d’activité d’accélérateurs compétitive à grande échelle, mais elle détient la franchise serveur x86 à laquelle ces baies se raccordent, et le cycle actuel achète beaucoup des deux.

C’est une meilleure position qu’il y a un an, et plus étroite que ne le laisse entendre le nom du segment. Elle expose l’entreprise à la question que se pose toute la chaîne : qu’advient-il des taux d’attachement serveur si les déploiements d’accélérateurs ralentissent.

Un dissipateur circulaire en aluminium à ailettes radiales, éclairé sur fond noir.
Chaque baie d'accélérateurs entraîne processeurs hôtes, mémoire et réseau. Image d'archive. Miguel Á. Padriñán · pexels · Pexels License

Ce qu’il faut surveiller

Trois choses au prochain rapport. Si l’offre que Tan dit vouloir débloquer arrive vraiment, ce qui distingue une prévision abaissée par la capacité d’une prévision abaissée par la demande. Si la baisse de CCPG s’accentue ou s’aplatit, puisqu’il reste la ligne la plus grosse. Et si Intel commence à détailler ce qui, dans Data Center and AI, relève du processeur serveur et ce qui relève d’autre chose — car à 78 % de croissance, la composition de ce segment est devenue la donnée la plus importante que l’entreprise ne publie pas.