Les embauches

Disney s’est engagée à proposer un emploi à au moins 60 salariés de Character.AI, a rapporté TechCrunch le 18 octobre, en citant un document judiciaire. Ce chiffre est décrit comme la majorité des effectifs de l’entreprise, et la rémunération annuelle estimée associée à ces embauches avoisine 60 millions de dollars.

Le document indique que la très grande majorité des salariés ayant reçu une offre l’ont acceptée. Il ne donne pas d’effectif total pour Character.AI : « la majorité » est donc la formulation du document, et non un chiffre que l’on peut rapporter à un dénominateur.

À ce stade, les personnes constituent la partie coûteuse de l’opération. Character.AI avait indiqué que Disney acceptait de reprendre certains de ses actifs pour 20 millions de dollars. Au total, Disney verse chaque année trois fois le prix des actifs en salaires pour l’équipe qui les a construits.

Des mains tapant sur le clavier d'un ordinateur portable
Au moins 60 salariés se voient proposer un poste chez Disney. Photographie d'archive illustrative. Israel Torres · pexels · Pexels License

Pourquoi l’entreprise est devant le tribunal

Character.AI s’est placée cette semaine sous la protection du chapitre 11. Le document attribue sa situation à des coûts élevés et à des passifs potentiels liés à des contentieux et aux échanges avec les régulateurs, et précise que cela s’est produit malgré une base d’utilisateurs large et engagée — la silhouette typique d’un produit grand public qui a trouvé sa demande sans trouver comment porter son propre risque juridique.

Ce risque est concret. L’entreprise fait face à une plainte déposée par la mère d’un garçon de 14 ans qui s’est suicidé après s’être fixé sur un agent conversationnel, et le Texas a enquêté sur elle au titre de la sécurité des enfants.

Une personne a déjà changé de camp. Karandeep Anand, ancien directeur général de Character.AI, est récemment devenu le premier directeur technique de Disney.

Une salle de cinéma vide avec des rangées de fauteuils rouges
L'offre de Disney sert de plancher : une offre supérieure reste possible. Photographie d'archive illustrative. Tima Miroshnichenko · pexels · Pexels License

Ce que signifie ici une offre plancher

L’offre de Disney est une offre dite stalking horse. Dans une vente sous chapitre 11, elle fixe le plancher : les conditions sont déposées au tribunal, d’autres acheteurs peuvent surenchérir, et le tribunal valide le gagnant. Une autre entreprise pourrait encore dépasser Disney sur les actifs.

Les propositions d’embauche se placent à côté de cela, non à l’intérieur. Recruter l’équipe n’est pas la même opération qu’acheter les actifs, et un concurrent qui remporterait les actifs les achèterait à une société dont les ingénieurs seraient déjà partis chez Disney.

À suivre

Si une offre concurrente apparaît avant l’audience de vente, et si le tribunal valide les conditions de Disney telles que déposées. Le second point est ce que Disney fera d’un produit de conversation avec des personnages sous sa propre marque, sachant que les passifs cités dans le document sont de ceux qui s’attachent au produit plutôt qu’à la société qui le détient.