Une fenêtre contextuelle plutôt qu’un procès

Amazon a coupé le nouvel agent Muse de Meta de tout achat sur Amazon.com, après avoir tenté sans succès d’obtenir que Meta exclue volontairement le site du produit. Depuis dimanche soir, les utilisateurs qui dirigeaient Muse vers Amazon voyaient un message leur indiquant que l’accès continu par un agent d’IA non autorisé enfreint les conditions d’utilisation d’Amazon, que ses clients ont acceptées.

La formulation est délibérée. Amazon n’accuse personne de piratage. L’entreprise invoque un contrat.

Trois objections

La plainte d’Amazon, telle que rapportée par GeekWire, comporte trois volets : Meta n’a jamais prévenu Amazon que Muse accéderait à sa boutique ; l’agent ne s’identifie pas quand il navigue ; et il semble capturer et stocker les identifiants des clients. Amazon dit que Muse peut atteindre les pages de compte et l’historique de commandes si un client le lui demande, ce qu’elle décrit comme un tiers non déclaré circulant dans des comptes clients et traitant des transactions à son insu.

Une personne tenant un smartphone et parcourant une boutique en ligne
Amazon dit que l'agent ne s'identifie pas quand il navigue. Image d'illustration. RDNE Stock project · pexels · Pexels License

« Il nous semble assez évident que les applications tierces qui proposent d’effectuer des achats pour le compte de clients auprès d’autres entreprises devraient fonctionner ouvertement et respecter les décisions des fournisseurs de services quant à leur participation », a déclaré un porte-parole d’Amazon, ajoutant que l’entreprise avait demandé à Meta de retirer Amazon de l’expérience.

Meta n’a pas répondu à la demande de commentaire de GeekWire dimanche soir. L’entreprise a dit auparavant que Muse n’a aucune visibilité sur les mots de passe ni les moyens de paiement, et que les identifiants partagés par un utilisateur sont placés dans un stockage sécurisé afin que l’agent puisse les utiliser sans les voir.

Pourquoi le message cite les conditions d’utilisation

Amazon a passé l’année écoulée à tenir les agents extérieurs à l’écart de son site, poursuivant Perplexity pour son navigateur Comet et cherchant à bloquer les agents d’achat de Google et d’OpenAI. Cette campagne se passe mal devant les tribunaux. Amazon a obtenu une injonction préliminaire contre Perplexity en mars et l’a perdue le 4 août, quand le Neuvième Circuit a jugé qu’au regard de la loi fédérale anti-piratage, c’est l’utilisateur, et non l’entreprise d’IA, qui accède aux ordinateurs d’Amazon. La cour a rejeté la demande de nouvelle audience le 10 septembre.

Ce que la décision a laissé ouvert, c’est le contrat. D’où une fenêtre qui cite des conditions d’utilisation plutôt que la loi sur la fraude informatique.

Partenaires d’un côté, rivaux de l’autre

Des colis en carton empilés dans l'allée d'un entrepôt
Amazon et Meta restent partenaires commerciaux ailleurs. Image d'illustration. Ihsan Adityawarman · pexels · Pexels License

Les deux entreprises sont partenaires commerciales. Les produits Amazon sont achetables dans Facebook et Instagram depuis 2023, et Meta a signé en avril un accord de plusieurs milliards de dollars pour faire tourner des charges d’IA agentique sur les puces Graviton d’Amazon. Amazon a indiqué dimanche soir être en discussion directe avec Meta, et a refusé de dire si elle irait en justice.

L’enjeu ne se limite pas à savoir qui conclut la vente. Amazon a tiré plus de 68 milliards de dollars de recettes publicitaires l’an dernier, une activité qui dépend du fait que les gens parcourent ses pages et voient des produits sponsorisés. Un agent qui lit le catalogue et achète pour le compte du client saute tout cela.

Ce qu’il faut surveiller

Meta a lancé Muse le 8 septembre comme un agent personnel qui exécute des tâches en plusieurs étapes sur une machine virtuelle sécurisée dotée de son propre navigateur, consulte l’utilisateur avant les actions sensibles et fait passer tout ce qu’il envoie sur internet par un agent de surveillance distinct nommé Sentinel. Une semaine plus tard, c’était l’application gratuite numéro un de l’App Store américain d’Apple, devant ChatGPT. L’agent Buy for Me d’Amazon achète lui aussi sur des sites externes, mais il s’identifie et laisse les marques se retirer — la norme qu’Amazon veut désormais imposer aux autres.