Les chiffres

L’Internet Watch Foundation, l’association britannique qui évalue et fait retirer d’internet les contenus pédocriminels, a indiqué lundi avoir évalué 6 310 images pédocriminelles générées par IA au cours des six premiers mois de 2026. Sur toute l’année 2025, elle en avait évalué 4 512. Un semestre a donc produit 40 % de plus qu’une année entière.

« Il est profondément préoccupant de voir à quelle vitesse les images pédocriminelles générées par IA continuent de croître et de se diffuser en ligne », a déclaré Kerry Smith, directrice générale de l’IWF.

Qui est représenté

Des filles figurent dans 98 % des contenus identifiés par l’association. Le nombre d’images uniques les représentant est passé de 4 259 sur l’ensemble de 2025 à 6 094 pour le seul premier semestre 2026.

Les âges baissent. Les enfants de sept à dix ans apparaissent dans 2 534 images et ceux de 11 à 13 ans dans 2 369. On compte 1 004 images d’enfants de trois à six ans et 190 d’enfants de moins de deux ans. Ensemble, la tranche des sept à 13 ans représente 79 % du total, contre 70 % en 2025.

Une salle de serveurs éclairée en bleu
Les fichiers générés échappent aux listes d'empreintes. Photographie d'illustration. panumas nikhomkhai · pexels · Pexels License

La répartition par gravité

Dans la classification britannique, la catégorie A désigne les contenus les plus graves et la catégorie C les moins graves. L’IWF a recensé 350 images de catégorie A, 403 de catégorie B et 5 557 de catégorie C. La catégorie C représente donc 88 % des contenus générés par IA évalués au premier semestre 2026, contre 62 % en 2025 : la répartition s’est fortement déplacée vers la catégorie basse alors même que le total augmentait.

Ce que demande l’IWF

L’association adresse sa demande à Bruxelles. Elle veut que les responsables européens adoptent un règlement complet sur les abus sexuels sur mineurs, qui autoriserait la détection à la fois des contenus connus — déjà empreintés et catalogués — et de contenus jamais vus auparavant.

Des drapeaux sur des mâts devant un bâtiment moderne
L'IWF demande aux responsables européens d'agir. Photographie d'illustration. Tim Diercks · pexels · Pexels License

Cette distinction est tout le problème technique des images synthétiques. La comparaison d’empreintes fonctionne parce que le même fichier circule encore et encore ; un modèle génératif produit un fichier neuf à chaque fois, et un catalogue d’empreintes connues ne le retrouve jamais. Détecter des contenus inédits est une capacité différente et bien plus difficile, et c’est aussi la partie du règlement européen que les défenseurs de la vie privée combattent le plus, parce que l’analyse qui trouve de nouveaux contenus inspecte aussi tout le reste.

Le règlement est en négociation entre les institutions européennes depuis plus de trois ans. Les chiffres semestriels de l’IWF sont un argument visant précisément ce blocage, et la prochaine donnée sera son bilan annuel.