Un programme national avec un seul exemple

OpenAI a annoncé le 2 novembre le lancement du Grid Protectors Program, qu’elle présente comme un effort national pour que ses futurs campus de calcul réduisent leur consommation d’électricité quand le réseau est sous tension. L’entreprise indique qu’elle travaillera avec les distributeurs, les régulateurs et les responsables politiques sur des accords précisant quelle puissance un campus peut effacer, à quelle vitesse et pendant combien de temps, et que ces accords « différeront selon les lieux ».

Un seul est nommé. Le campus prévu dans le comté d’Effingham, en Géorgie, doit, selon les mots d’OpenAI, « servir de pilote pour Grid Protectors ». Le campus est encore en développement.

Les conditions géorgiennes ont été approuvées en août

L’engagement cité par OpenAI n’est pas nouveau. Georgia Power a annoncé le 26 août que le régulateur de l’État avait approuvé son contrat d’alimentation du projet d’OpenAI dans le comté d’Effingham, un contrat déposé en juillet auprès de la Georgia Public Service Commission et portant sur 3 200 mégawatts de demande nouvelle. Dans ce cadre, OpenAI paie l’intégralité du coût de l’infrastructure nécessaire au site et s’est engagée sur jusqu’à 1 000 MW d’effacement de demande.

OpenAI traduit ces 1 000 MW en foyers : la consommation électrique moyenne d’environ 700 000 logements, soit, selon elle, davantage que Washington et Boston réunies. Cette conversion est celle d’OpenAI.

Pylônes de transport d'électricité et lignes à haute tension sur un ciel de soirée.
L'accord géorgien porte sur jusqu'à 1 000 MW d'effacement de demande. Image d'archive. zimochen · pexels · Pexels License

À qui profitent les économies

Les montants appartiennent au distributeur, pas à OpenAI. Georgia Power prévoit environ 950 millions de dollars d’économies annuelles pour ses clients à partir de 2029, soit 2,847 milliards sur la période 2029-2031. Elle attribue ces économies à l’ensemble de son portefeuille de contrats de forte puissance et à la croissance attendue dans l’État, et non au seul projet d’OpenAI. Pour un client résidentiel type consommant 1 000 kilowattheures par mois, le distributeur chiffre le gain à au moins 15 dollars par mois, soit 180 dollars par an, contre les 102 dollars annuels promis en décembre 2025.

OpenAI reprend les chiffres de 950 millions et de 15 dollars dans son communiqué et les attribue tous deux à Georgia Power.

Ce que l’entreprise concède

Le texte est inhabituellement direct sur les limites de ce qui est proposé. « La flexibilité ne peut pas remplacer l’investissement dans de nouvelles capacités de production et de transport », écrit OpenAI. L’entreprise ajoute que des contrats de long terme et des garanties financières « peuvent protéger les autres clients si un projet est retardé, réduit ou annulé » — une reconnaissance qu’un campus promis à un réseau peut ne pas arriver au rythme prévu.

Appareillage haute tension et isolateurs d'un poste électrique sous un ciel dégagé.
Georgia Power prévoit environ 950 millions de dollars d'économies annuelles à partir de 2029. Image d'archive. Phil Evenden · pexels · Pexels License

L’argument de fond porte sur la répartition des coûts. L’infrastructure de réseau est un coût fixe, que la demande soit forte ou faible, dit OpenAI ; un gros client qui consomme quand le système a de la marge et s’efface quand il n’en a pas aide donc à étaler ce coût fixe sans imposer des renforcements coûteux pour la pointe. L’entreprise cite une projection selon laquelle la capacité des centres de données américains dépassera 100 gigawatts d’ici 2030.

Ce qu’il faut suivre

OpenAI indique qu’elle « partagera d’autres engagements au fur et à mesure de leur finalisation ». D’ici là, le programme est une norme affichée plutôt qu’un ensemble de contrats : un accord approuvé, sur un site qui n’est pas construit, dans un État. Le test sera de voir si le prochain campus annoncé par OpenAI arrive avec des clauses d’effacement, et si un autre distributeur que Georgia Power en signe une.