Une coupe par dix dans la division cloud de Microsoft
Microsoft a ramené le budget mensuel Claude de ses salariés de la division cloud de 100 000 dollars chacun à environ 10 000, selon une enquête de The Information relayée le 5 octobre. Les dépenses totales de Microsoft en modèles d’Anthropic ont baissé de plus d’un tiers. L’entreprise était en voie de dépenser plus d’un milliard de dollars par an en interne sur Claude.
Deux dirigeants, Scott Guthrie et Jay Parikh, ont demandé aux équipes d’utiliser les outils maison : GitHub Copilot et les modèles d’OpenAI, que Microsoft paie déjà via son propre partenariat. Ni Microsoft ni Anthropic n’ont commenté publiquement ces chiffres.

Meta a divisé par deux ses licences et a quand même dépensé 105 millions en 28 jours
Chez Meta, le nombre d’utilisateurs de Claude Code est passé d’environ 60 000 à environ 30 000. L’enquête attribue une partie de cette baisse aux licenciements opérés cette année et une partie au fait que Meta oriente ses ingénieurs vers ses propres outils, Muse Code et MetaCode. Meta a mis en place des contrôles internes de coûts sur l’IA en juin.
Ce qui reste est le chiffre frappant. Sur une seule période de 28 jours, Meta a dépensé plus de 105 millions de dollars pour Claude Code seul. Même divisé par deux, cela représente un unique client payant Anthropic à un rythme annualisé bien supérieur au milliard pour un seul produit.
Le coût est le moteur évident, et ce n’est pas le seul. Meta vend ses propres produits d’IA et aurait cherché à restreindre l’accès d’Anthropic à ses données d’entraînement. Microsoft a un autre problème : les outils bâtis sur Claude, dont Cowork d’Anthropic, font de plus en plus le travail pour lequel on achète Office.

C’est le calendrier qui compte
Anthropic prépare son introduction en Bourse. Son prospectus ayant fuité, rapporté la semaine dernière, fait état de 8 milliards de dollars de perte opérationnelle, de 518 milliards d’engagements de calcul et d’un avertissement aux investisseurs selon lequel sa propre technologie pourrait poser des risques existentiels. Un prospectus doit aussi divulguer la concentration de la clientèle : quelle part du chiffre d’affaires vient de combien d’acheteurs.
Que deux des plus gros de ces acheteurs décident, au même trimestre, de basculer leurs ingénieurs sur autre chose est le genre de fait que l’on lit de près lors d’une tournée de placement. C’est aussi la conséquence prévisible de la stratégie d’Anthropic : Claude Code et Cowork concurrencent ce que vendent Microsoft et Meta, et un fournisseur devenu rival ne reste pas fournisseur au même volume.
Anthropic pourrait commencer à promouvoir son introduction dès la semaine du 9 novembre. Ce qu’il faudra surveiller, c’est si ces coupes apparaissent dans les chiffres de revenus déposés, et comment l’entreprise les comptabilise.