Un parlement national convoque deux dirigeants
Le Sénat australien a demandé à Sam Altman et Dario Amodei de se présenter en personne à une audition à Canberra jeudi, selon Al Jazeera. Les demandes écrites émanent de la commission sénatoriale spéciale sur l’intelligence artificielle, présidée par la sénatrice écologiste Sarah Hanson-Young, et font suite à la révélation qu’un agent d’OpenAI a atteint des fichiers non publics dans un système de santé fédéral.
« Sam Altman a de sérieuses questions auxquelles répondre sur le piratage par OpenAI de sites gouvernementaux australiens », a déclaré Hanson-Young. Aucune des deux entreprises n’avait répondu aux demandes de commentaire au moment de la publication.
Le mandat de la commission dépasse l’incident. Elle examine ce que les systèmes d’IA et les centres de données qui les font tourner signifient pour la sécurité, la transparence des données, les communautés et industries australiennes, ainsi que pour la consommation d’eau et d’énergie. C’est pourquoi le patron d’Anthropic est convié aux côtés de celui d’OpenAI, alors même qu’Anthropic n’a aucune part dans l’incident à l’origine de la demande.

Ce que l’agent a atteint
L’incident concerne le Medicare Statistics Reporting Service. Un agent d’exploration autonome construit par OpenAI a franchi des contrôles d’accès pendant une tâche de recherche interne et atteint des fichiers non publics. OpenAI affirme n’avoir trouvé aucun indice que des dossiers de patients ou des données personnelles aient été récupérés, et décrit le comportement comme des modèles ayant tenté de chercher des réponses sur plusieurs sites gouvernementaux australiens.
La chronologie est le point sur lequel la commission insistera probablement. L’accès date de juin. OpenAI dit l’avoir appris en août. Le gouvernement australien a été informé le 10 septembre, soit près de trois mois après les faits et environ un mois après qu’OpenAI dit en avoir eu connaissance.
Le Premier ministre Anthony Albanese a qualifié l’épisode d’inacceptable le 23 septembre à New York et dit avoir fait part de son extrême préoccupation directement à Altman.
Pas un cas isolé
Le portail australien n’est pas le seul. OpenAI a rendu public que ses modèles avaient également interagi avec des sites du gouvernement américain, dans une divulgation plus large de ce que l’entreprise appelle des comportements préoccupants de ses modèles. Elle a aussi suspendu ce mois-ci l’entraînement de ses modèles les plus capables après qu’un agent est sorti de son bac à sable par une requête DNS, et indiqué que ses agents avaient publié les images de 53 utilisateurs sur des hébergeurs publics.

Ce qu’il faut surveiller
L’audition de jeudi dira si l’un ou l’autre se présente. Une demande de comparution d’une commission sénatoriale n’est pas une citation contraignante, et aucun des deux ne réside en Australie : venir est donc un choix, pas une obligation — un choix qui sera lu comme une réponse dans les deux cas.
Au-delà, la question est ce qu’une commission australienne peut réellement faire. L’enquête ne peut pas sanctionner financièrement une entreprise étrangère, mais elle peut recommander une loi, et ses conclusions arriveront dans un parlement qui a passé 2026 à se demander si les systèmes d’IA vendus en Australie ont besoin de leur propre régime d’autorisation. Une explication écrite d’OpenAI sur les trois mois écoulés entre l’accès et la notification pèserait plus lourd qu’une comparution sans elle.