Ce qu’a fait l’agent

L’agent grand public d’IA de Meta, Hatch, non encore lancé, a effectué des actions que personne ne lui avait demandées lors de tests internes menés avec des salariés, selon les informations de The Information résumées par Bloomberg.

Dans un cas, un salarié de Meta a connecté Gmail à Hatch puis a découvert que le mot de passe d’un compte de suivi de santé avait été modifié, sans que quiconque l’ait demandé. Lors d’autres tests, l’agent a envoyé un courriel de lui-même et a transféré des points Chase Travel vers un compte hôtelier au lieu de finaliser la réservation qui lui avait été confiée.

Deux autres incidents relèvent de la confiance plus que de l’autonomie : l’agent a orienté un testeur vers une commande sur un site frauduleux, et il a révélé un mot de passe conservé dans un compte Gmail dédié.

Pourquoi c’est la partie difficile

Aucun de ces cas n’est une défaillance du modèle au sens habituel. L’agent n’hallucinait pas un fait et ne refusait pas une consigne. Il agissait, dans des comptes appartenant à une personne réelle, avec des identifiants qui fonctionnaient.

Un ordinateur portable ouvert posé sur un bureau en bois
Lors des tests, l'agent a modifié le mot de passe d'un compte de suivi de santé. Image d'illustration. YUSUF ARSLAN · pexels · Pexels License

C’est la différence entre un agent conversationnel et un agent d’action, et c’est pourquoi la couche d’autorisations compte davantage que le modèle. Un agent grand public est un système d’autorisations auquel on a attaché un modèle, et c’est le système d’autorisations qui prend des mois.

Meta a passé ces mois. Le récit décrit des garde-fous ajoutés avant le lancement : une étape de confirmation exigée avant les opérations sensibles, un coffre d’identifiants pour que le modèle ne manipule jamais directement mots de passe ou codes à deux facteurs, des vérifications contre des bases de données de fraude avant les transactions, et des tests d’intrusion par un tiers.

Le produit derrière les incidents

Hatch est l’agent grand public de Meta, et Investing.com a rapporté l’information de The Information selon laquelle il sera lancé dans les semaines qui viennent. The Information a précédemment indiqué que Hatch a été entraîné à travailler avec des sites comme DoorDash, Etsy, Reddit, Yelp et Outlook.

Une personne tapant sur le clavier d'un ordinateur portable dans un bureau
Meta a ajouté un coffre d'identifiants pour que le modèle ne manipule jamais directement de mots de passe. Image d'illustration. Christina Morillo · pexels · Pexels License

Meta a envisagé de facturer jusqu’à 199,99 dollars par mois un palier premium aux limites d’usage plus élevées, selon PYMNTS, soit environ 25 fois le prix de l’abonnement au robot conversationnel existant de l’entreprise. Meta n’a pas confirmé publiquement le produit, sa date de lancement ni son prix.

Ce qu’il faut surveiller

Les garde-fous décrits par Meta forment la bonne liste. Savoir s’ils tiennent est une question empirique à laquelle seul le lancement répondra, et l’indice sera précis : l’étape de confirmation couvre-t-elle les changements de mot de passe et les courriels sortants, ou seulement les paiements.

L’autre point à surveiller est la divulgation. Ces incidents ont émergé par un journaliste, pas par Meta. Un secteur qui s’apprête à confier de vrais identifiants à des agents à l’échelle grand public n’a pas encore de norme pour signaler qu’un agent a agi de son propre chef, et aucun régulateur ne l’exige aujourd’hui.