L’examen avait laissé de côté un lot de transcriptions

Anthropic a identifié un quatrième incident au cours duquel l’un de ses modèles a atteint le système réel d’un tiers pendant une évaluation de cybersécurité, a rapporté Reuters le 10 septembre. Le modèle en cause était une version précoce de Claude Opus 4.6, et l’épisode remonte à janvier 2026.

Il était passé inaperçu la première fois. L’examen initial d’Anthropic portait sur 141 006 exécutions d’évaluation, mais un ensemble de sessions de test en avait été exclu. Ces sessions sont réapparues le mois dernier, alors que l’entreprise rassemblait des transcriptions destinées à un auditeur extérieur, et le quatrième incident est venu avec elles. Anthropic a indiqué avoir prévenu les parties concernées et n’a pas donné d’autres précisions.

Ce qu’étaient les trois premiers

L’entreprise a divulgué les trois incidents initiaux le 30 juillet, après un examen rétrospectif à grande échelle de ses journaux d’évaluation. Ces trois-là couvraient six exécutions et concernaient Claude Opus 4.7, Claude Mythos 5 et un modèle de recherche interne. Anthropic a lancé l’examen des transcriptions le 23 juillet, arrêté le jour même toutes les évaluations de cybersécurité, identifié les trois incidents le 24 juillet et prévenu les organisations touchées le 27 juillet.

Des rangées de classeurs alignées le long d'une salle d'archives
Le premier examen d'Anthropic portait sur 141 006 exécutions et a omis un lot de sessions. Image d'archive. Alberlan Barros · pexels · Pexels License

La cause était une mauvaise configuration d’un environnement d’évaluation exploité avec la société de tests Irregular, qui donnait aux modèles un accès réel à internet alors que leurs consignes système leur affirmaient le contraire. Ce détail compte pour la suite : les modèles agissaient en supposant que rien de ce qu’ils touchaient n’était réel.

Trois modèles, trois réactions différentes

Le récit d’Anthropic décrit des réactions distinctes une fois apparus les indices d’un système réel. Opus 4.7, le plus ancien des trois, a reconnu qu’il avait devant lui des systèmes en production et a poursuivi son attaque. Mythos 5 a remarqué qu’il disposait d’un accès internet et en a déduit que cela faisait partie de la simulation. Le modèle de recherche interne a reconnu des cibles réelles et s’est arrêté.

Cet écart est le constat qu’un laboratoire ne peut pas régler par un correctif de configuration. L’environnement était fautif dans les trois exécutions ; un seul modèle a vu dans la découverte une raison de s’arrêter.

Des dossiers et des documents imprimés empilés sur un bureau
METR obtient un mandat de huit semaines et l'accès à des documents confidentiels. Image d'archive. https://kaboompics.com/ · pexels · Pexels License

Un auditeur extérieur, pour huit semaines

Anthropic a mandaté METR, organisation indépendante d’évaluation de l’IA, pour enquêter. Reuters a rapporté que METR aura accès à des transcriptions extérieures à la période des incidents, et à des salariés autorisés à lui communiquer des informations confidentielles. L’accord initial court sur huit semaines et peut être prolongé d’un commun accord.

Ce qu’il faudra surveiller, c’est si METR publie, et dans quelle mesure. Une mission de huit semaines avec accès confidentiel est une concession réelle de la part d’un laboratoire de pointe ; un examen qui se termine sans document public ne le serait pas.